La Famille de Schœnstatt                           dans le diocèse d’Autun
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La Famille de Schœnstatt dans le diocèse d'Autun
La Famille de Schœnstatt                                                       dans le diocèse d'Autun

ANNÉE KENTENICH

ou le moment ou jamais de connaître le Fondateur

 

Lecture du Père Kentenich 9

Ce qui nous est offert dans le sanctuaire,

les trois grâces originales de pèlerinage.

Je rappelle ici les trois grâces originales de pèlerinage qui sont ici communiquées à notre foi : la grâce de pèlerinage de la conversion intérieure, de l’enracinement (domiciliation) intérieur, de l’esprit apostolique.

Si ce sont les trois grâces de pèlerinage auxquelles nous devons nous attendre, si nous sommes mystérieusement introduits par la consécration dans l’Œuvre, nous avons d’abord droit, de façon tout à fait extraordinaire, à la grâce d’une profonde et large conversion spirituelle.

Je pense à mes difficultés. N’est-ce pas une vie instinctuelle tourbillonnante qui me rend parfois malheureux ? Est-ce que ce ne sont pas les dispositions maladives de ma nature qui m’empêchent de monter ? Je reçois un nouveau droit à la grâce de la conversion. De qui dois-je attendre cette grâce de la conversion intérieure ? De la Mère de Dieu.

Un deuxième droit : là aussi où les passions font silence, une blessure que nous portons tous de par le péché originel est justement la pesanteur que nous avons à l’égard du surnaturel, l’insensibilité envers le divin, et la très grande réceptivité à ce qui relève du purement naturel, de l’ici-bas, de la « béatitude mondaine ». Qu’attendons-nous donc ? Simplement un droit particulier à l’intercession de la bien-aimée Mère de Dieu. Elle doit nous aider à surmonter de plus en plus cette insensibilité au surnaturel, à garder notre idéal…

La deuxième grâce est l’enracinement intérieur, la grâce d’être intérieurement en sécurité : ici, à Schœnstatt, nous avons éminemment trouvé notre sécurité. Localement, ici, une sécurité intérieure dans le Cœur de la bien-aimée Mère de Dieu, dans les grandes pensées de la Famille. Oui, une sécurité aussi dans les ultimes structures fondamentales. Un courant s’ébauche dans la Famille : un fort besoin, non seulement d’aimer, mais aussi de savoir clairement. Nous avons aussi besoin d’une connaissance claire. Un vif désir des idées ultimes. Je pense ici que, même celui qui a déjà fait la consécration dans notre grande Famille durant les années précédentes, commence à voir selon notre point de vue, le désir ardent de l’enracinement intérieur. L’ultime, le principal, sincèrement, c’est l’amour sans savoir. Mais l’affectif doit aussi être maîtrisé par les idées.

L’enracinement dans la Famille est finalement l’enracinement dans les personnes de la Famille, dans ceux qui constituent notre Famille.

La troisième grâce de pèlerinage est l’esprit apostolique et à un très haut niveau. Pas seulement l’esprit apostolique en soi, mais nous devons et pouvons aussi le vivre comme apôtres de la MTA.

J. Kentenich. La sainteté du quotidien liturgique.

Retraite de prêtres (Rudolf Stein Vallendar-Schœnstatt 1997, page 199 ss)

 

Lecture du Père Kentenich 8

Deux règles de vie. Quatrième partie : ne soyez inquiets de rien.

(extrait d’une homélie du Père Kentenich à la paroisse Saint-Michel à Milwaukee, 23 août 1964.)

Ne soyez inquiets de rien, le Père tient la barre ! – encore des paroles très belles et très simples, si profondément enracinées dans le sentiment populaire. Nous connaissons tous probablement ce petit exemple. Je pense que j’ai déjà dû vous le citer plusieurs fois ou au moins une fois. Le Père tient la barre. À cette époque, un jeune garçon devait quitter l’Angleterre et s’embarquer avec son père qui était capitaine du navire, pour l’Amérique. Survient une violente tempête. Tous les passagers tremblent de peur. Tout le monde est dans la détresse, le navire est en perdition. Et, quelque part, dans un coin, un petit enfant. Il remarque bien tout ceci, mais cela le trouble peu. Tout au plus de pose-t-il la question : mon Père est-il en haut ?

Oui, il est là-haut. Alors, c’est évident : mon père tient la barre. Si le père tient la barre, il n’y aura pas de naufrage, ou s’il y en a un, tout se passera au mieux. Voilà cette confiance profonde, inébranlable. Le poète a alors consigné en vers cette petite expérience :

Que hurle la tempête et mugisse le vent

Et claquent les éclairs de feu au firmament,

comme l’enfant du marinier, je me redis :

le Père est à la barre, c’est lui qui nous conduit !

 

Nous pouvons tous nous appliquer ces paroles très concrètement. Que hurle la tempête. Oui, qui d’entre nous aujourd’hui ne se sent pas pris souvent dans la tempête. Tout s’effondre et s’évanouit. Nous sommes si fragiles économiquement !

 

Que hurle la tempête et mugisse le vent

Et claquent les éclairs de feu au firmament,

comme l’enfant du marinier, je me redis :

le Père est à la barre, c’est lui qui nous conduit !

 

Alors cela peut déjà devenir juste. Alors tout peut être sens dessus dessous : je me repose dans le Cœur du Père éternel. Ce qui ne veut pas dire que je ne fais pas ce qui me revient. Non, non ! Écoutons encore une fois : le plus grand souci des hommes d’aujourd’hui devrait être, après avoir fait sa part : déchargez-vous sur le Seigneur de toute votre inquiétude ! (1 P 5,7). Déchargez-vous de tous vos soucis qui sont du vent ! Mais tout n’est pas du vent : nous devons et voulons décharger sur les épaules, dans le Cœur du Père éternel tous les soucis.

 

N’est-ce pas chers auditeurs, si nous pensons un instant de façon matérielle à ces grandes vérités, qui correspondent tellement à notre pensée catholique, au sens catholique, fondements de notre pensée et de notre parole, nous pourrions alors presque dire : la plus grande transaction bancaire que nous puissions faire, que pourrait-elle être ? Confiance héroïque et filiale ! Ceci doit être entendu effectivement comme un moyen financier au sens strict du mot, nous devons bien le comprendre. Cela ne veut pas dire que je ne fais rien. Je fais la part qui me revient. Mais le Seigneur l’a bien dit : si nous avons confiance, tout est possible. (cf. Mc 9, 22) Donc nous déposons notre capital – comment dois-je appeler le capital maintenant ? Dois-je dire, c’est la confiance filiale ? – à la banque divine. Ou puis-je dire encore : quel est pour moi un des meilleurs moyens pour être en bonne santé ? Nous l’avons entendu au début : nous devons aussi nous aider nous-mêmes, nous bouger, et nous occuper de ce que nous avons à faire, mais sans oublier que le meilleur moyen d’être en bonne santé demeure absolument la confiance héroïque, la confiance filiale. Le Sauveur a tout prévu, il m’a laissé tomber malade, il m’a laissé devenir fragile physiquement, psychologiquement, je ne sais pas quoi encore – pourquoi ? Oui, je dois encore demander pourquoi : dans quel but ? Quel doit être le sens ultime ? Sursum corda[1] ! Je ne dois pas compter sans lui, avoir confiance, une confiance héroïque. Et ainsi de suite.

 

Ou je pense par exemple : j’ai des examens à passer. Il est évident que je ne peux pas maintenant faire comme avait fait une mère un jour à Aix. Elle avait tellement pris cela au sens strict, c'est-à-dire qu’elle mettait en doute la notion de piété. Sa fille était paresseuse à l’école ; l’examen devait avoir lieu, elle n’avait rien préparé. Sa mère pensait : « bien, nous allons aller devant la Mère de Dieu et mettre un cierge à brûler et tout se passera bien. » Non, non ! Nous voulons faire briller la bougie, le cierge de notre travail zélé – tout ce qui nous est demandé. Mais alors ? Je pense que nous devrions réfléchir à notre manière aux conséquences. Nous avons aussi une belle parole : Deus providebit.[2] (Gn 22, 8). Le bon Dieu le fera bien ! C’est aussi une maxime courante dans le peuple. Toutes ces manières de s’exprimer qui sortent d’un très profond esprit de foi sincère et surnaturel, nous devrions l’accueillir avec âme au fond de nous.

Je pense avoir ainsi expliqué suffisamment la première loi, la première règle.

 


[1] Haut les cœurs !

[2] Dieu pourvoira

Lecture Père Kentenich 7

Deux règles de vie. Troisième partie. Ne soyez inquiets de rien

Sermon du Père Kentenich à la paroisse Saint-Michel, 23 août 1964.

Le cardinal Newman, un homme qui a pour ainsi dire anticipé la vie moderne avec ses ombres, mais aussi avec ses grands soucis et les grandes solutions des énigmes du monde, a formé à partir de ce rapport une maxime qui résonne de prime abord de façon un peu drôle. C’est exprimé ainsi – je vais forcer un peu le trait pour notre situation : notre plus grand souci devrait être finalement d’être sans souci. C’est quelque chose de majestueux. Je suis devant un homme qui est entré de tout son être dans le souci de Dieu, qui est entré dans un autre monde, dans une autre unité de mesure. Mon plus grand souci. Veut-il dire par là que je ne dois plus faire ma part ? Il la présuppose exactement comme le Sauveur ! Je dois la faire ! Mais si je la fais, si je m’efforce, si je me donne du mal, si je me tue pour faire ma part, le plus héroïque de ma vie consistera, surtout aujourd’hui, à être finalement sans souci, c'est-à-dire à propulser dans les mains et le Cœur du Père éternel tous les autres soucis.

Chers auditeurs, vous avez là la sage pédagogie de l’amour éternel de Dieu. Le bon Dieu veut que nous ayons des soucis. Maintenant, je ne vais pas vous prouver que toute la structure de notre être de créature, de créature chargée du péché originel devrait être chargée en ce sens. Non, non, je le vois du point de vue de Dieu. Nous devons être sans défense, avoir souci sur souci. S’agit-il ici de notre besoin existentiel ? Le Sauveur dit bien dans sa sagesse que le premier principe, la première règle est celle-ci : ne soyez inquiets de rien quant à la nourriture, à la boisson et aux vêtements. Qu’est-ce que c’est ? Ce sont des biens indispensables. Donc, ne pas nous inquiéter de ces biens indispensables ! Non, non, et, au fond, oui, nous désirons ce dont nous avons besoin pour ne pas oublier le bon Dieu, sa sagesse et sa bonté. Il connaît très bien sa créature. Il sait que la création de l’humanité, comme nous nous le représentons aujourd’hui, a été pour lui un risque ; que lui, l’homme, est toujours un risque pour lui, Dieu, que lui, l’homme, risque toujours d’échapper au Père éternel : il veut être seul près de lui, se tenir à ses côtés, régner. En conséquence, que fait donc le bon Dieu, que doit-il faire ? Nous laisser tomber dans la détresse. Ne l’oublions pas. Sinon, nous risquons de ne pas voir le bon Dieu !

Si nous appliquons maintenant ceci à la vie pratique, nous qui, au moins les plus anciens, qui avons encore reçu de nos grands-parents cette sagesse de vie chrétienne, nous trouverons alors, nous sentirons un point que nos grands-parents retenaient inébranlablement, tant dans leur tête que dans leur cœur. Je ne sais pas comment l’exprimer pour vous qui êtes au-delà de l’autre côté de la mer, que ce soit en Hongrie, ou n’importe où, c’est tout à fait courant ; probablement, il en va de même en ce qui concerne ce que nos grands-parents ont reçu de leurs ancêtres d’Allemagne. Par exemple : le Dieu éternel qui est toujours vivant. Qu’est-ce que cela veut dire : « le Dieu éternel qui est toujours vivant » ? Il ne nous laisse jamais seul. Qu’est-ce que cela veut dire : « le Dieu éternel qui est toujours vivant » ? Il prend soin de nous ! Nous avons toujours besoin de nous adresser à lui. Il est toujours vivant ! Il ne nous a donc pas oubliés comme on voudrait nous le faire croire si souvent aujourd’hui : il est assis quelque part dans son boudoir, il s’y sent bien et ne s’occupe pas du grouillement des humains qui circulent comme des fourmis dans tous les sens. Ah, non, non, non et non ! Le Dieu éternel, qui est toujours vivant, prend toujours soin de nous ! Ou lorsqu’on voudrait vous faire croire qu’on l’a tué : oui, c’est vrai, on veut le tuer, il doit être supprimé, il a été supprimé. Nous n’avons pas seulement besoin de penser à ce qui se passe au-delà des mers, derrière le rideau (de fer). Tant et tant d’hommes se mettent aujourd’hui la tête dans le sable – comment dit-on ? comme un certain oiseau[1] – toujours en direction du bas, comme si le Seigneur était vraiment mort. Non, non, il vit toujours ; le Dieu éternel vit toujours ! – et tant et tant d’autres expressions de ce genre. Ceci est vivant dans l’inconscient de notre peuple et dans sa conscience.

 

 


[1] NdT : l’autruche

 

Lecture du Père Kentenich 6

 

Deux règles de vie. Deuxième partie : ne soyez inquiets de rien.

(tiré d’un sermon du Père Kentenich à la communauté allemande saint Michel à Milwaukee, le 23 août 1964)

En scrutant davantage maintenant la vie du Sauveur, et aussi la vie de la Mère de Dieu, que trouvons-nous ? L’accomplissement de ces lois ! Nous cultivons souvent la grande loi que saint Augustin a exprimée, comme je viens de le dire, sous cette forme : rien sans nous, et bien évidemment, rien sans toi, rien sans Dieu. Rien sans nous.

Et le Sauveur n’a-t-il pas aussi travaillé ? Certes, au moins les trente premières années de sa vie, cela n’est pas précisé dans l’Évangile ; mais ce n’est pas non plus nécessaire, car c’est évident. Et pourtant cela y est dans un certain sens : « N’est-il pas le fils du charpentier ? » (Mt 13, 55) Que cela veut-il dire ? Il a donc vécu comme tout le monde à Nazareth, il était aussi d’une famille d’ouvriers, il a grandi dans une famille d’artisans, ça passe totalement inaperçu, en tout cas, on ne voit vraiment pas qu’il ait été inactif. Qu’est-ce que tout cela signifie ? Le Sauveur a lui-même appliqué la loi, le commandement. « N’est-il pas le fils du charpentier » ?

Et pour la Sainte Vierge ? Nous ne sommes pas du tout habitués à nous la représenter ainsi. Nous avons tendance à la voir entourée d’anges, nous avons tendance à nous la représenter comme si elle était toujours dans une contemplation mystique, comme si elle n’avait plus les pieds sur terre. Non, non ! Ne faisons pas cela ! Certainement, ce n’est pas écrit noir sur blanc dans la Sainte Écriture, mais c’est évident. Nous le retrouvons dans ces simples mots : s’il était le fils du charpentier, alors elle était la femme du charpentier, l’épouse du charpentier. Elle a donc vécu une vie ordinaire comme les femmes ordinaires ; elle a donc dû porter la cruche sur sa tête, elle devait faire le ménage, la cuisine : tout ce que nous devons faire encore aujourd’hui en tant que maîtresse de maison, que nous devrions faire, qu’à vrai dire nous n’aimons souvent plus faire. Toujours est-il que la loi demeure : le Sauveur et la Mère de Dieu ont été des maîtres en gérant sérieusement les soucis, en travaillant sérieusement, en luttant sérieusement, en combattant sérieusement.

Mes chers auditeurs, appliquons à nous-mêmes ces paroles ! Nous qui sommes ici, qui avons maîtrisé la vie jusqu’à présent, nous constatons évidemment que cela ne nous a vraiment pas manqué ! Au contraire ! Si nous sommes sincères, nous devons avouer que nous avons trimé, que nous avons trop travaillé. Nous avons acquis courageusement, mais aussi avec bien du mal, une maison – mais elle ne nous appartient pas du tout, parce que tout appartient finalement à la banque ! Alors, que devons-nous faire ? Nous tuer à la tâche. Pas seulement l’homme, la femme, tous ensemble, nous devons bosser jour et nuit, travailler, pour que la maison devienne vraiment nôtre, soit à notre nom. Et quelle compétition ! Nous sommes ainsi, surtout nous, allemands : nous voulons faire comme les autres. Si untel a la télévision, que j’ai de l’argent ou pas, je dois avoir la télévision.  Si tel ou tel à une voiture de telle ou telle marque : ah ! celle que j’ai présentement n’est vraiment pas assez bien. Donc, les soucis et le travail ne manquent pas ! Ne manquent pas non plus les soucis pour élever nos enfants, pour leur développement physique, moral et spirituel. Donc vraiment, rien ne nous manque [en fait de soucis]. Mais franchement, cela ne fait pas de mal de se remettre en mémoire qu’il s’agit d’une grande loi naturelle dont nous avons à tenir compte.

Que voulait donc dire le Sauveur avec cette évidence ? Voyons ! Ce n’est pas une évidence qu’il a voulu souligner. Il dit très clairement et sans ambiguïté : Ne soyez inquiets de rien. Nous voulons donc nous soucier des choses, mais sans inquiétude, nous en soucier sans que nos genoux flageolent. Qu’il s’agisse du loyer, du médecin, de l’enfant malade, de la femme en train d’accoucher ou du mari au chômage : S’en soucier ? Bien sûr ! Mais ne pas s’inquiéter, ne pas avoir les genoux flageolants ! Mais pourquoi ? Chers auditeurs, si nous scrutons profondément l’esprit du Sauveur, si nous scrutons son Cœur, nous sentons, nous savons très vite où se trouvent en fin de compte les rapports ultimes, les plus profonds, qu’il s’agit d’une gestion des soucis très singulière. Pourquoi ne devons-nous pas nous inquiéter ? Parce qu’un autre s’en inquiète pour nous. Parce qu’il y a quelqu’un d’autre qui s’y intéresse, qui coopère, qui se soucie de nous. Et c’est là que réside la grande tragédie humaine. Nous éliminons la cause première, le bon Dieu, simplement par nos plans et nos calculs. Et c’est terrible. Lorsque nous prenons tout sur nos épaules, tous les soucis qui doivent être partagés dans le dessein de Dieu, entre nous et lui, il est alors évident que nous nous effondrons tôt ou tard, surtout lorsque nous avons un fardeau comme la vie d’aujourd’hui nous en impose à tous, surtout à nous, allemands, qui venons, à cause de diverses circonstances d’au-delà des mers, et qui avons beaucoup à faire pour entrer dans la manière de penser, d’agir, de vouloir des gens d’ici, dans la vie pratique d’ici. Mais c’est un autre sujet. Sursum corda ! Levons les yeux, élevons les cœurs, élevons notre volonté, levons les mains !

Lecture Père Kentenich 5

Deux règles de vie. Première partie : Ne vous inquiétez pas

Mes chers auditeurs attentifs[1]

Le Sauveur nous met devant les yeux aujourd’hui deux règles de vie pratiques qui peuvent, par elles-mêmes, donner dans notre dure vie quotidienne, dans le combat quotidien de l’existence et de la concurrence que nous expérimentons dans le Nouveau Monde, donc en terre étrangère, protection et appui, consolation et espoir. Nous connaissons ces deux règles, nous les avons souvent entendues, nous nous sommes efforcés aussi de les appliquer d’innombrables fois durant notre vie. Et pourtant : le fatras des soucis quotidiens fait sans doute que nous les oublions. Il peut valoir la peine de nous les remémorer aujourd’hui, et aussi d’y réchauffer notre cœur.

Je dis que ce sont deux règles de vie. Nous venons de les réentendre. Et si nous célébrons l’Eucharistie de tout notre cœur dans le sens de l’Église, avec l’Église, il ne nous est alors pas difficile de percevoir tout de suite que le Sauveur voudrait à chaque Eucharistie graver ces règles dans notre cœur. Quelles sont-elles ? Elles résonnent à nos oreilles et dans nos cœurs un peu comme ça : ne vous souciez de rien ! Ne vous inquiétez pas ! – première règle, première règle de vie. Deuxième règle de vie : cherchez d’abord le Royaume des cieux et tout le reste vous sera donné par surcroît.

Nous sentons tout de suite, chers auditeurs, que les deux règles se conditionnent l’une l’autre, se complètent l’une l’autre.

Devons-nous entrer un peu dans les détails ? Ce sont des vérités évidentes, anciennes et connues, surtout des anciennes générations. Nous n’avons guère entendu autre chose de la part de nos parents et de nos grands-parents. La jeune génération, qui nage dans une toute autre atmosphère, risque toujours, bien entendu, d’oublier les vérités et ce, doublement et triplement : elle ne les applique pas dans sa vie.

Entrons donc dans les détails. Encore une fois, première règle de vie : ne vous souciez de rien ! Lorsque nous entendons ces mots, nous savons tout de suite que le Sauveur n’a pas dit que nous ne devions nous occuper de rien. Il présuppose que nous avons des soucis. Pourquoi ? C’est une loi naturelle, donc une loi simplement inhérente à la nature humaine, inhérente à notre état de créature. Personne n’en est exempt.

Le Sauveur ne veut donc pas nous faire remarquer que nous devrions laisser le bon Dieu être un bon grand-père, se croiser les bras et attendre que les cailles nous tombent toutes cuites dans le bec. Nous n’aurions alors rien d’autre à faire que d’ouvrir la bouche très grand. Non, non, ce n’est pas sa pensée ! La loi naturelle est et demeure que l’homme est né pour travailler comme les oiseaux pour voler. La loi naturelle est et demeure : celui qui ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus (2 Th, 3, 10). Oui, le Sauveur relève donc la grande loi naturelle que le Père éternel a ainsi gravée dans la Sainte Écriture dès le début de la création du monde : soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la. (Gn 1, 28). La terre doit nous être soumise. C’est nous qui devons le faire et personne d’autre. Les forces qui se trouvent dans la nature sont mobilisées et utilisées.

C’est donc un gros travail et un grand commandement culturel qui, ainsi que nous le savons tous, doit être réalisé aujourd’hui de façon exceptionnelle. Le Sauveur ne l’a pas abrogé, il le tient même pour évident. Au contraire, il a approfondit la loi à sa façon, autant par la parole que par l’exemple. Nous pensons par exemple à l’Évangile, dans la parabole des talents (Mt 25, 14-30). Il ne s’agit donc pas d’enterrer les capacités que Dieu nous a données, qu’elles soient naturelles ou surnaturelles, et de tout abandonner au bon Dieu. Non, nous avons le devoir d’utiliser nos facultés, le devoir de les multiplier. Celui donc qui en a reçu deux doit en redonner quatre. Nous savons ce que cela veut dire. Ce n’est donc pas : ne vous souciez de rien. Non, non, au contraire, nous devons travailler, nous devons nous en occuper.

Il existe même une grande loi évidente et structurelle du Royaume de Dieu, qui traverse tout l’ordre du Salut, qui traverse toute la vie, toute l’histoire de l’humanité. Saint Augustin l’a ainsi exprimée : « Celui qui nous a créés sans nous, ne nous sauvera pas sans nous. »[2] En prenant le mot sauver au sens large, on pourrait dire quelque chose comme ça : nous ne serons pas sauvés de nos soucis économiques sans nous. En ce sens, nous devons nous sauver nous-mêmes, du moins essayer de nous sauver. Nous ne serons pas sauvés de notre mauvaise santé, nous n’en serons pas libérés en abandonnant tout au bon Dieu. Non, nous devons nous bouger et nous remuer. Nous ne serons pas libérés non plus des étroitesses, des limites de notre intelligence, de notre volonté ou de notre cœur. En ce sens, nous devons nous sauver nous-mêmes : nous efforcer d’être assidus à l’étude, d’entrainer notre volonté, d’avoir une très haute moralité. Ce qui veut dire : oui, celui qui n’est pas sauvé sans nous, n’est pas libéré sans nous. Évidemment, c’est aussi éminemment valable lorsqu’il s’agit de notre Salut, donc de la vie divine et du ciel. Nous ne le gagnerons pas sans nous. Et cela demande une violence comme le Sauveur nous le dit (Mt 11, 12). Somme toute, il ne peut en être autrement : nous devons travailler, travailler au sens strict et au sens large.

 

Aus dem Glauben leben. Tome 14, pages 101 ss

 

 


[1] Sermon du Père Kentenich à la paroisse allemande de Milwaukee. « Mes auditeurs attentifs », littéralement « recueillis » est une formule habituelle de l’époque

[2] Sermon de saint Augustin, PL 38 : Qui ergo fecit te sine te, non te iustificat sine te ; celui qui t’a créé sans toi ne te justifiera pas sans toi.

 

 

Lecture du Père Kentenich. Avril

Donner corps de façon renouvelée au Document de Fondation (quatrième partie)

Comprenez, aussi en vous laissant pénétrer par le « Chemin du ciel » : il a été si souvent montré que nous, c'est-à-dire toute le Famille, sommes souvent en esprit dans le sanctuaire, unis les uns aux autres – où nous trouver ? Dans le sanctuaire ! – ainsi qu’il est dit par exemple dans la prière du matin. Voyez-vous ce que cela veut dire ? Dès le matin, au saut du lit, se transporter en esprit dans le sanctuaire !

« Dans le sanctuaire, nous voici réunis.

Là, nos cœurs brûlent d’amour

pour Notre Dame Trois fois Admirable… »[1]

 

ou regardez cet autre texte :

« Je m’agenouille en esprit devant ton image,

Mère Trois fois Admirable, forte et douce,

en union avec tous ceux qui se sont consacrés à toi… »[2]

 

Comprenez que c’est cela qui est vivant dans la Famille. Et cela ne ferait vraiment pas de mal, lorsque nous nous battons pour fonder de nouveau, de nous souvenir de ces mots : «  Ce que vous avez hérité de vos pères, recevez-le pour le posséder. »[3]

Si je peux faire un jeu de mot avec ce que je viens de dire : la Mère de Dieu nous promet de se lier à un lieu de façon particulière. S’il est bien vrai qu’elle y est liée, cela présuppose et demande que j’y sois lié moi aussi. Cela ne veut évidemment pas dire que d’autres lieux ne seraient pas importants pour moi.

C’est la première grâce que nous attendons : la grâce de l’enracinement spirituel.

 

Vient ensuite la deuxième grâce : la grâce de la transformation spirituelle. C’est bien clair : nous demandons au début du Document de fondation que le sanctuaire devienne le berceau de la sainteté de tous les enfants de Schœnstatt.[4] Et que nous répond ensuite la Mère de Dieu ? Elle ne veut pas seulement éduquer à une sainteté quelconque, une sainteté lambda, mais à la sainteté du quotidien avec la spiritualité de l’alliance et la spiritualité de l’instrument[5]. Maintenant, vérifiez par vous-mêmes : où trouvez-vous cela dans le Document de Fondation ? Je pense que ce devrait être notre devoir que de pouvoir maîtriser spirituellement ces choses, les retenir et les justifier.

Vient enfin la troisième grâce : la fécondité spirituelle. Là, c’est dit explicitement : je veux attirer le cœur des jeunes et les éduquer pour qu’ils soient des instruments utiles entre mes mains.[6] Instruments pour quoi ? Pour que le Christ et la Sainte Trinité soient partout reconnus.

Dois-je encore demander si j’ai maintenant assez expliqué : Je veux m’installer ici de façon particulière et distribuer des grâces en abondance de façon particulière ? Donc, je voudrais d’abord expliquer un peu le texte. A prochaine fois, j’expliquerai encore. Nous allons seulement recevoir goutte à goutte ce breuvage pour nous en enivrer petit à petit. Si nous le faisions trop vite, nous serions trop vite enivrés. Puis, deuxième question : la Mère de Dieu a-t-elle tenue ses promesses ? A-t-elle vraiment formé des hommes de cette manière, tels qu’ils sont esquissés ici en général ? Ensuite, la question est concrètement : nous a-t-elle aussi transformés ? Avons-nous changé depuis que nous faisons partie de la Famille ?

 

Puis troisième question : que devons-nous faire maintenant pour que la Mère de Dieu continue d’agir chez nous ? Je ne veux vous donner qu’une réponse globale : les sept demandes dont nous allons parler plus tard sont à prendre au sérieux dans notre vie ! Demandez-vous seulement ce qu’elles sont. Peut-être pouvez-vous le chercher vous-mêmes. Peut-être pouvez-vous le trouver vous-mêmes. Je pense que c’est suffisant pour cet après-midi.


[1] Chemin du ciel Str 4 (prière du matin)

[2]Id  Str 179 (prière préparatoire à l’office de Schœnstatt.

[3] Goethe. Citation de Faust

[4] Cf. « Documents de Fondation » page 16

[5] Voir les articles correspondants dans le Schönstatt-Lexicon

[6] Documents de Fondations page

 

Lecture du Père Kentenich. Mars

Donner corps de façon renouvelée au Document de Fondation (troisième partie)

C’est donc pourquoi, voyez-vous, au début, on trouve cette pensée dans le Document de Fondation : oui, qu’est-ce que ce serait si la Mère de Dieu se laissait toucher pour établir son trône ici, pour demeurer ici, pour distribuer ses trésors de grâces, les merveilles de la grâce ici ? Mais où ? Ici, non ? Où ? Toujours ici, ici ! Vous devez sentir cet « ici ». À présent, je vous conseillerais de réfléchir encore : tout cela est-il dans le Document de Fondation ? Ne répondez pas trop vite : oui, oui ! – Non, non ! Réfléchissez vous-mêmes avec un esprit critique !

Bien sûr, une question se pose tout de suite : Comment la Mère de Dieu va-t-elle habiter ici, comment va-t-elle dresser son trône ? Habitera-t-elle ici physiquement ? Oui, on pensait cela au début lorsqu’on entendait que nous voulions que la Mère de Dieu s’installe ici : nous aurions pensé qu’elle aurait dressé son trône et s’y serait assise physiquement ! C’est évidemment de l’enfantillage. Qu’en est-il des lieux de grâces ? Est-ce que ça veut dire que la Mère de Dieu s’y installe et y édifie son trône ? Qu’elle y est active de façon particulière ? Oui, et comment ? Que doit-elle faire ici ? Être particulièrement active comme éducatrice, par sa puissance et ses biens. De là vient, voyez-vous notre petite prière bien connue :

Je me repose en ta bonté, en ta puissance,

Comme un enfant je mets en elles ma confiance

En toi, Mère Admirable, comme en ton Enfant

Je crois, je me confie pour tout, aveuglément.

 

Mais toujours : ici, dans la petite chapelle ! Je pense que nous avons bien compris, n’est-ce pas ? Je m’installe ici, je m’installe ici.

 

Nous devons maintenant retenir : d’une manière particulière ! Que cela veut-il dire ? N’est-ce pas, si vous voulez, vous pouvez bien sûr étudier un peu ceci : quelle est donc la différence entre la présence d’immensité de Dieu d’une part, et la présence eucharistique – le Sauveur au tabernacle – d’autre part ? Et qu’en est-il de la présence de la Mère de Dieu dans le sanctuaire[1] ? Étudiez cette question vous-mêmes – la réponse est très facile – simplement pour que les notions soient claires.

 

Et maintenant : ici de façon particulière ! Que voulons-nous dire par là ? Que la Mère de Dieu peut être active partout. Elle peut l’être dans toute paroisse, elle peut l’être vraiment dans la chambre, elle peut l’être dans ma cellule.[2] (elle peut partout [se manifester] très concrètement, non ?

Voyez ce qui est dit maintenant : elle promet : je veux être active de manière particulière. Veuillez le regarder encore une fois. C’est au début du Document de Fondation que nous attendons cela. J’y reviens juste encore une fois.

 

Bien, comme il est possible que la Mère de Dieu soit active partout, pourquoi alors « d’une manière particulière » ? C’est dans la nature des choses. Lorsque nous en avons parlé en son temps, nous avions signalé ceci : d’abord à propos du soleil. Le soleil agit partout n’est-ce pas ? Mais en certains lieux, il agit de façon particulière. Il donne en tel lieu des fruits tout à fait spéciaux. C’est ainsi que vous devez vous représenter la Mère de Dieu et son activité particulière dans le sanctuaire, ou en pensant par exemple à la force agissante que l’on peut trouver dans l’eau. Vous le savez que l’eau peut déployer une force particulière en certains lieux. Comprenez-vous l’expression : (je veux) m’installer ici de façon particulière ?

 

 Que signifie alors tout ceci pour nous maintenant que la Mère de Dieu est active de façon particulière ici, – nous ajoutons – qu’elle veut donner ici des grâces en abondances, mais des grâces particulières ? Je pense que nous savons, que nous devrions savoir au moins, qu’il s’agit surtout de trois grâces.

 

Premièrement : c’est la grâce de l’enracinement spirituel. Oui, si vous vérifiez tout de suite au début du Document de Fondation, il y a ce que nous attendons, ce que nous disons tous lorsque nous venons à Schœnstatt :

« Il est bon d’être ici, c’est ici qu’est notre place favorite ![3]

 

Comprenez-vous ce que cela veut dire ? La grâce du foyer. Donc une petite place où je suis chez moi. Je ne veux pas en parler en détail maintenant, peut-être plus tard. Songez par exemple lorsque quelqu’un d’Europe, d’Allemagne, arrive ici, en terre étrangère et qu’il voit un sanctuaire – n’est-ce pas son foyer ? Il est bien chez lui non ?

 

Qu’est-ce que cela entraine ? Voyez-vous, nous devons prendre soin que le sanctuaire soit bien notre foyer, qu’il reste notre foyer (notre « chez nous »). Pensez par exemple à Joseph Engling – il se transportait si souvent en esprit dans le sanctuaire d’origine et là, il tenait la veille, il y priait une heure ! Vous voyez, il n’est pas nécessaire d’y être toujours physiquement. Certes, c’est précieux : si je crois à l’activité de la Mère de Dieu dans le sanctuaire et que j’ai l’occasion [d’y venir], selon mes possibilités, je viendrai au sanctuaire. Mais ce n’est pas premier. Des millions de personnes viennent au sanctuaire physiquement et ne reçoivent pas de grâces particulières. L’essentiel est le contact dans la foi. Par la foi, je peux toucher le sanctuaire, même si j’en suis éloigné [physiquement]. Voyez-vous, pour faciliter ce contact spirituel, ce contact spirituel dans la foi avec le sanctuaire, nous avons toutes les images de la MTA. C’est pourquoi nous avons notre « coin-Schœnstatt » chez nous. C’est même tout le sens de notre « sanctuaire vivant »[4].

 

Am Montagabend, tome 29, pages 26-29

 


[1] Comme le montre le contexte, le Père Kentenich distingue une « présence » de Marie générale et une « présence » particulière qui lui permet d’accomplir le devoir maternel que Dieu lui a donné envers les hommes. Le Père Kentenich y voit une certaine analogie entre la « présence d’immensité » de Dieu dans la création et la présence particulière du Christ dans l’eucharistie. D’autres points de comparaison n’entre pas ici en ligne de compte.

[2] L‘enregistrement est ici brièvement interrompu

[3] Documents de Fondation page 15

[4] Les familles de Milwaukee comprenaient dans ces mots que chaque membre de leur famille était représenté dans leur sanctuaire domestique par un symbole qu’il avait lui-même choisi dans le sanctuaire de Schœnstatt.

 

 

FÉVRIER

 

Donner corps de façon renouvelée au Document de Fondation (deuxième partie)

Je pense que nous devrions maintenant faire comme ça : puisque nous sommes tous fatigués cet après-midi, je suis obligé de vous dire les choses au goutte à goutte[1]. Je vais donc d’abord examiner un peu point par point avec vous les sept promesses et, dans un second temps les sept demandes ; enfin, si nous sommes prêts, nous mettrons les deux ensembles.

Bien, donc la première promesse qui est bien la plus importante de toutes :

Je m’installerai volontiers ici et je distribuerai en abondance des trésors de grâces.[2]

Ici, ici, ici, là ! Je vais m’installer ici ! Regardez encore le texte dans les Documents de Fondation. Dans le contexte de ces paroles, ajoutez : je vais m’installer ici d’une manière spéciale. Je vous dirai plus tard le sens de ce contexte.

Alors, il en découle ceci : je vais donc m’installer spécialement et distribuer en abondance des dons et des grâces, et si nous lions les deux, nous devons ajouter : des dons spéciaux et des grâces spéciales.

Je pense que la première promesse maintenant est très concrète. Si nous l’entendons ainsi cela éveille déjà un intérêt. Oui, vous savez bien que si à côté de chez nous, et même chez nous, arrive soudain quelqu’un qui dit : je vais m’installer ici, je ne sais pas comment nous réagirions. Mais si la Mère de Dieu arrivait un jour : je vais m’installer ici – qu’est-ce que j’apporte ? Ô, maintenant, le sein, le tablier, les mains, tout cela est rempli de dons et de grâces. J’aimerais savoir qui pourrait dire : nous n’avons pas de place, nous n’avons pas le temps, va-t’en ! Donc, écoutez encore une fois : je vais m’installer ici d’une manière spéciale, et distribuer en abondance des trésors de grâces.

Nous allons maintenant discuter de trois sujets sur la promesse. Première question : que signifie la promesse ? Il me semble que vous pourriez répondre vous-mêmes. Ensuite la deuxième question : la promesse s’est-elle réalisée dans la Famille de Schœnstatt ? Puis la troisième question : que devons-nous faire pour que la promesse se réalise ici aussi ? Je pense que si nous prenons de façon concrète ce dont nous avons parlé maintenant en l’interprétant comme un morceau de notre propre âme, ce sont les trois questions qui nous arrivent pratiquement d’elles-mêmes. Nous aimerions bien avoir une réponse.

Donc première question : quelle est-elle ? Répétez-vous la promesse. Oui, nous devons maintenant bien étudier chaque mot. Donc d’abord : je vais m’installer ici. C’est ce que dit la Mère de Dieu.

Si vous y réfléchissez très simplement, vous sentez que cela répond à une certaine attente mystérieuse de notre cœur. Mais c’est sans soute comme ça : si nous, en tant que catholique, nous nous expérimentons comme une famille et si la Mère de Dieu est la mère de famille des catholique, quelle est le grand désir de mon cœur ? J’ai besoin d’y réfléchir maintenant :……………………..

Ma mère est décédée, c’était une mère authentique, très droite. N’est-ce pas, il est évident qu’après, tout au long de la vie, on dit : ah ! si ma mère était encore là ! Nous l’avons probablement aussi constaté si souvent : tout pendant que la mère a été la flamme du foyer[3], toute la famille le sentait. Voyez maintenant ce que signifie : je vais m’installer ici. De façon plus développée : je viens du ciel en quelque sorte, je serai au milieu de vous, j’habiterai chez vous ! Or, c’était effectivement aussi – je dois vous l’avouer car je le sais très précisément, sans doute comme bien peu le savent – ma vision à l’époque du Document de Fondation.

Voyez-vous, c’est comme ça : lorsque vous comparez le Document de Préfondation[4] au Premier Document de Fondation, c’était alors, en 1912, cette pensée toute simple : sous la protection de la Mère de Dieu qui est au ciel. Elle doit nous protéger du haut du ciel. Ensuite nous voulons nous auto-éduquer. Maintenant la grande différence entre ce Document de Préfondation et le Document de Fondation est que nous avons demandé très consciemment à la Mère de Dieu – tout est dans le Document de Fondation : installe-toi ici ! Descends jusqu’à nous ! Reste avec nous ! Songez qu’à l’époque, il s’agissait de jeunes hommes. C’est pourquoi l’on dit : éducation non mixte. La Mère de Dieu devait « descendre » en tant que femme vers nos jeunes pour qu’ils aient une vraie mère là où il n’y avait que des hommes.

Mais ce n’est pas seulement en vertu de son sens maternel, mais aussi parce qu’elle a reçu une grande mission du Dieu éternel : éduquer les hommes, elle qui est la grande éducatrice. Elle doit donc descendre en tant que mère et éducatrice et être ici le centre. Auparavant, c’est nous qui étions le centre ; mais c’est sous sa protection que nous voulions travailler ! N’oubliez pas que, si vous me connaissez personnellement, vous le savez : c’est là que se tient la grande pensée essentielle. C’est la conviction que Dieu lui-même a établi la Mère de Dieu comme grande éducatrice des peuples, surtout des prêtres.

 


[1] Cette phrase provoque l’hilarité générale.

[2] Voir Documents de Fondation page 15

[3] Familienherd : symbole de la force chaleureuse et unificatrice de l’amour maternel

[4] Discours du Père Kentenich à l’internat des Pères pallottins le 27 octobre 1912.

Janvier

Donner corps de façon renouvelée au Document de Fondation. (1ère partie)

 

Que signifie fonder de nouveau Schœnstatt ? Donner corps de façon renouvelée au Document de Fondation. Vous devez ici aussi vérifier si vous connaissez bien tout le sujet : combien avons-nous de Documents de Fondation ? Le Premier… le deuxième …

Étant donné que nous fondons réellement de nouveau, Il est facile de comprendre que nous commençons par le premier. Nous allons maintenant nous intéresser à deux questions concrètes. N’est-ce pas, le Document de Fondation est le Document sur l’alliance d’amour[1] que la Mère de Dieu a conclue en 1914 avec Schœnstatt en tant que lieu et en tant que Famille.

Évidemment, arrive ici la question simple et très populaire, à chaque alliance – lorsqu’il s’agit d’une alliance, il y a clairement une promesse mutuelle – donc premièrement : que promet la Mère de Dieu, en tant qu’elle est partenaire de l’alliance, dans le Document de Fondation ? Et, deuxièmement, que nous demande-t-elle, à nous, partenaires de l’alliance ? Voyez-vous le rapport ? Ce que nous trouvons n’a en soi rien de nouveau. Cela, nous le savons plus ou moins. Et pourtant, c’est nouveau. Il y a justement des choses que l’on peut toujours réentendre, toujours et à nouveau, sous des points de vue très différents qui s’approfondissent avec le temps. Donc je repose la question cruciale : qu’a promis la Mère de Dieu en tant que partenaire de l’alliance en 1914 et que demande-t-elle de nous ?

Si maintenant nous nous demandons : en quoi cela nous intéresse-t-il ? Si nous nous demandons : pourquoi nous, qui nous trouvons concrètement devant une sorte de nouvelle fondation ? La réponse arrive clairement : parce que ce qui nous est de même promis, mais aussi ce qui nous est de même demandé vaut pour notre nouveau sanctuaire là-bas[2].  Quelles demandes devons-nous satisfaire pour qu’il y ait légitimement un lien interne entre 1914 et 1964 ? Plutôt que de vous prouver cela de mille manières, je répète seulement ceci : ce qui vaut pour le sanctuaire d’origine vaut précisément pour tout sanctuaire filial[3]. Comprenez-vous le lien ? L’histoire de l’origine de Schœnstatt est toujours très importante, surtout le Premier Document de Fondation, parce que tout est transféré au sanctuaire filial.

Une deuxième particularité de notre alliance d’amour est que l’alliance vaut seulement tant que le partenaire humain de l’alliance reste à peu près fidèle. Voyez-vous, si nous devons devenir quelque chose à partir de notre nouveau centre, cela dépend essentiellement de notre réponse aux demandes de la Mère de Dieu : les satisferons-nous ? C’est bien une des particularités que nous avons exprimée sous cette forme : rien sans toi, rien sans nous ![4] Ce fut enseigné dès le début à Schœnstatt. Dès que nous cessons, en tant que partenaires de l’alliance, de fournir des contributions au capital de grâces[5], la conséquence arrive de suite : elle quitte le lieu. Voyez-vous, c’est une originalité dont nous avons toujours parlé et que nous avons toujours enseignée. Nous nous sommes toujours imaginé que la Mère de Dieu voulait qu’on lui demande, selon de dessein de Dieu, de s’installer ici. Et lorsque nous cessons de demander, lorsque nous cessons d’apporter des contributions au capital de grâce, nous pouvons être sûrs que la Mère de Dieu dit aussi : Nos cum prole pia[6] ... (avec mon doux enfant…) Elle se sauve loin de nous.

Voyez comment ceci est aujourd’hui si précieux pédagogiquement, par exemple pour nos enfants. Ils en ont le sens bien plus que nous. Lorsqu’ils comprennent ce que veut dire : nous devons attirer Marie en-bas, comme les jeunes de Schœnstatt l’ont fait autrefois… Voilà la grandeur de Schœnstatt : c’est ici qu’ont été posées les demandes concernant d’éducation, l’auto-éducation. Et il est bien évident qu’il est d’une grande importance que, périodiquement, ces choses soient toujours renouvelées et approfondies.

Bien, vous comprendrez maintenant pourquoi ces deux pensées doivent être discutées à fond :

Premièrement : que nous promet la Mère de Dieu ? le nous inclut le lieu et la Famille. De même : que promet-elle maintenant au nouveau lieu et à la Famille ? Maintenant je dois vous dire tout de suite : elle vous fait sept[7] promesses. Je crois que nous devrions à présent inviter l’un des nôtres à consulter le Premier Document de fondation pour y trouver les sept promesses.

Cependant n’oubliez pas : ces sept promesses sont conditionnées à l’accomplissement de notre côté des sept demandes. Il y a donc pour nous, que nous soyons adultes ou jeunes, un continuel examen de conscience à faire.

 

Suite de la lecture du Père Kentenich en février.

 

[1] Voir Lexikon pages 229-233, l’article de L. Penners : Liebesbündnis

[2] Il parle du sanctuaire qui doit être érigé sur un terrain récemment acquis à Waukesha

[3] Une réplique exacte du sanctuaire d’origine à Schœnstatt. Le premier sanctuaire filial a vu le jour en 1943 à Nueva Helvecia en Uruguay. Actuellement, il existe dans le monde environ 200 sanctuaires filiaux.

[4] Cette de vise est apparue très tôt dans l’histoire de Schœnstatt, parce qu’elle exprime de façon prégnante la réciprocité du don et de la réception. Voir Lexikon pages 229-233

[5] Les contributions au capital de grâce sont les bonnes œuvres, les mérites que nous mettons à la disposition de la Mère de Dieu en lui demandant d’agir encore et toujours à Schœnstatt. Cf. L. Penners Beiträge zum Gnadenkapital, dans Lexikon, pages 127ss

[6] Cette expression : Nos cum prole pia benedicat Virgo Maria (qu’avec son doux enfant, la Vierge nous bénisse) était utilisée par le Père Kentenich aussi comme conclusion ou parole d’adieu.

[7] Dans cette conférence, le Père Kentenich nomme toujours sept promesses. Plus tard, il parlera de six promesses.

MESSAGE DU PATER FAMILIAS POUR CETTE ANNÉE JUBILAIRE

 

Schœnstatt, Pentecôte 2017

Chère Famille de Schœnstatt,

De Schœnstatt, les membres du Présidium général vous envoient leurs vœux cordiaux de Pentecôte. Ici, au sanctuaire d’origine, en ce lieu de grâces, nous demandons pour tous les schœnstattiens du monde entier les dons du Saint-Esprit en abondance.

En 2018, nous fêterons le cinquantième anniversaire du décès de notre Père et Fondateur, Joseph Kentenich. Après en avoir discuté avec les représentants du Mouvement international, nous lançons une « Année-Kentenich » qui commencera le 15 septembre 2017 et se terminera pour le 50ème anniversaire de sa mort le 15 septembre 2018.

Tout au long de cette année, plaçons notre Père et Fondateur au cœur de nos préoccupations : sa pensée, ses biographies intéressantes et nombreuses et les réponses qu’il a données aux grands défis de l’Église et du monde, et qu’il veut encore donner aujourd’hui à travers nous. Cette année nous donne l’occasion d’approfondir notre relation à notre Père et Fondateur afin que son charisme soit de nouveau vivant en nous. Invitons beaucoup de personnes à faire ou à refaire connaissance avec le Père Joseph Kentenich comme un prophète pour notre temps !

Le saint Pape Jean-Paul II nous avait fait cette remarque sur notre responsabilité : « Vous êtes appelés à la grâce qu’avait votre Fondateur, à y participer, et à l’offrir à toute l’Église. Car le charisme du Fondateur se manifeste comme une expérience de l’Esprit qui a été transmise à ses propres élèves pour qu’ils en vivent, le protège, l’approfondisse, le développe continuellement, à la fois pour le Communauté et pour le bien de l’Église. » (20 septembre 1985)

50 ans après le décès de notre Fondateur, nous sommes appelés en tant que génération post-fondatrice, à tenir vivant et actuel son « esprit de fondateur », à nous placer de nouveau sur les fondements qu’il a posés et, à partir de là, à donner des réponses aux défis actuels, à être « co-fondateur » avec lui. La fécondité du Père Kentenich doit se montrer en nous et dans notre service dans l’Église et le monde, dans un « Schœnstatt qui démarre ». C’est ainsi que nous témoignerons de sa sainteté.

Nous invitons tous les membres et les amis de notre Mouvement dans le monde entier à célébrer cette Année-Kentenich dans les sanctuaires de vos pays et individuellement. Nous suggérons de commencer ensemble déjà le 15 septembre et, en communion avec tout le Mouvement et avec notre Père et Fondateur, d’ouvrir l’Année-Kentenich comme il conviendra selon les lieux.

Le samedi 15 septembre 2018, nous voulons, en tant que Famille de Schœnstatt dans les différents sanctuaires et cathédrales de nos pays, dire au Père Kentenich : Oui, nous sommes ici, nous suivons. Et à l’Église, nous voulons promettre de collaborer à la mission de l’Église avec l’esprit de notre Père et Fondateur.

Au nom du Présidium général, je vous salue, où que vous soyez, très cordialement de notre sanctuaire.

En communion dans l’alliance

Votre Père, Juan-Pablo Catoggio

 

Liens fraternels

Le diocèse d'Autun : http://www.autun.catholique.fr/

 

Le Mouvement de Schœnstatt en Belgique :

http://www.schoenstatt.be/

 

Le sanctuaire de l'unité dans le diocèse de Cambrai :

http://www.sanctuairedelunite.fr/

 

Le site de la Mère pèlerine en Suisse:

http://mere-pelerine.com/

 

Le secrétariat du Père Kentenich

www.pater-kentenich.org/fr

 

Vidéo sur des profils divers de schœnstattiens :

http://www.dailymotion.com/schoenstattsuisse

 

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