La Famille de Schœnstatt                           dans le diocèse d’Autun
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La Famille de Schœnstatt dans le diocèse d'Autun
La Famille de Schœnstatt                      dans le diocèse d'Autun

DEUX AUTRES OUTILS :

L'EXAMEN DE CONSCIENCE

ET L'EXAMEN PARTICULIER

L'EXAMEN DE CONSCIENCE (Père Kentenich)

 

"Que dire à présent de l’examen de conscience général ? Si nous avons gardé une sensibilité religieuse, il est évident que la conscience se fait sentir quand nous ne l’avons pas suivie. C’est ce que l’on appelle un remords de conscience. La conscience se fait sentir. C’est pourquoi un homme religieux zélé n’a pas besoin de beaucoup de temps pour examiner sa conscience.

Si nous luttons pour la fermeté du caractère et l’éducation de la personnalité, cela veut aussi dire finalement suivre sa conscience. Celle-ci nous communique les inspirations personnelles de Dieu. Donc, si nous suivons notre conscience, nous avons en main un excellent moyen de nous former personnellement et de nous laisser former.

Malgré la conscience de n’avoir pas correspondu à la grâce malgré une conscience fine et ordonnée et qui se fait sentir, nous devons rester attachés à l’examen de conscience du soir. Il doit rassembler ce que nous avons noté de faiblesses pendant la journée. Car nous ne pouvons pas passer la journée sans faiblesses. Et nous ne voulons pas non plus accepter les faiblesses de telle sorte qu’elles deviennent une habitude.

Il est important de faire lors de l’examen de conscience du soir le coup de maître. Pas tellement dans le décompte des défaillances : une, deux, trois, quatre, cinq… Ce qui est beaucoup plus important, c’est que nous restions attachés à l’expérience de notre bassesse et que nous l’approfondissions. Justement, chez nous, hommes modernes, il dépend beaucoup que nous apprenions de nouveau à nous présenter devant Dieu tels que nous sommes. À bas le voile, à bas les masques ! Nous montrer à découvert devant la Face de Dieu.

Sous ce rapport, il y a ensuite une chose simple que nous savons non seulement appliquer théoriquement mais aussi pratiquement : comment donner les quatre réponses négatives et les quatre réponses positives. Nous devons le faire consciemment pendant longtemps, jusqu’à ce que cela devienne une seconde nature et que nous soyons immergés positivement dans cette attitude.

Ce que je dis là est finalement une autre forme du repentir. Face à nos faiblesses, nous devons :

  • premièrement : ne pas nous étonner
  • deuxièmement : ne pas nous effrayer
  • troisièmement : ne pas nous décourager
  • quatrièmement : ne pas nous y habituer

 

Donc, ne pas dire simplement : ces faiblesses sont inhérentes à ma nature. Nous sommes tellement portés et marqués par le milieu ; alors le danger existe aussi que la conscience ne se manifeste plus du tout, parce que nous considérons la pensée commune comme le langage de notre conscience. Si je vis selon la pensée commune, je deviens superficiel et je fais tout sur ce même principe. Et le surlendemain, la conscience, en tant que force motrice la plus importante pour la formation personnelle de l’individu se décolore et je suis devenu un homme de masse sans même m’en apercevoir. Voilà pourquoi je fais ce balisage négatif.

 

Ensuite, le côté positif. Je dois maintenant me servir des petites choses en imitant saint Paul : lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. Je me glorifie de mes faiblesses. Je dois donc devenir

  • un prodige d’humilité
  • un prodige de confiance
  • un prodige de patience
  • un prodige d’amour

 

C’est un peu compliqué non ? Mais l’acte est très simple. Comprenez seulement ceci : si nous voulons vraiment laisser la grâce travailler en nous, nous devons toujours œuvrer en second afin de laisser Dieu régner en nous.

 

Si notre vie chrétienne veut être ouverte vers le haut et vers le bas, elle doit toujours prendre soin de cette trilogie :

  • Regarder fréquemment Dieu avec foi
  • Parler avec lui avec amour et foi
  • Faire les sacrifices correspondants à l’amour et la foi.

 

Donc, non seulement regarder Dieu dans la foi et prier avec lui, mais aussi faire des sacrifices.

 

L'EXAMEN PARTICULIER (Père Kentenich)

 

En quoi consiste son originalité dans notre manière de le pratiquer ? Notre nature est fondamentalement marquée par la sensibilité et la fierté. Maintenant, il nous faut prendre ces expressions telles qu’on les entend. Selon le sens courant, un homme sensible ou fier, c’est assez négatif. Ici, ce n’est pas le sens qu’ils ont. Ici, les tendances fondamentales sont circonscrites. En chacun de nous, une tendance forte peut exister, soit pour se donner (la sensibilité), soit s’imposer et conquérir (la fierté). La sensibilité en tant que capacité de dévouement peut être selon les cas un bien ou un mal. De même pour la fierté. Étant donné que nous luttons principalement pour ennoblir nos passions, nous pouvons dire ceci : l’examen particulier consiste à ennoblir aussi concrètement que possible notre passion principale et ceci, dans la plus grande cohérence avec notre idéal personnel. Celui-ci étant intégré, nous nous préservons non seulement de rester mécaniquement accrochés à un tout petit point, mais aussi de lier tous les actes de notre vie à une attitude fondamentale et d’en faire ainsi son moyen d’expression. Pendant un certain temps, il nous est bon de nous rappeler ces choses assez souvent. Par-là, nous acquérons un instinct plus fort pour nous régir nous-mêmes et ne pas laisser les choses aller à vau-l’eau.

 

L’objet de l’examen particulier, du point particulier, devrait donc toujours être d’une manière générale notre passion principale, c'est-à-dire toujours du point de vue de son ennoblissement.

Que dois-je faire maintenant ? Les devoirs concrets sont d’abord à résoudre l’un après l’autre.

 

  • Lutter contre les tendances négatives

 

Pendant un certain temps, je dois ou je peux donner la priorité au négatif. Cela veut dire raboter petit à petit les excroissances. Je réfléchis donc ainsi : comment se manifeste en moi de façon désagréable, disons la coquetterie, l’inconstance, le papillonnage ? J’en percevrai donc les formes particulières en moi et je ciblerai alors chaque faute dans mon examen particulier, toujours en lien avec mon idéal personnel. Par le renouvellement des deux, je dois donc prendre conscience de ceci : pour atteindre mon idéal personnel, pour l’approfondir, je m’efforce aujourd’hui de m’attaquer en particulier à l’une ou l’autre faute particulière.

 

En soi, ce système est homogène et cohérent. Nous ferons bien aussi d’en être conscient et d’y réfléchir de temps en temps.

 

Voici un exemple : aujourd’hui, étudier avec constance ! Il reste que, justement, quand je suis fatigué, eh bien, je suis fatigué ! Mais je dois prendre garde à ce que trop de versatilité ne se cache pas là-dessous. Donc pour le moment, retenir simplement ceci : ça passe ou ça casse, « Hic Rhodus, his salta »[1] ! Persévérez ! À la longue, bien sûr, c’est toujours difficile de trouver le juste milieu. Il peut très bien arriver que ce soit mieux de chercher un dérivatif à cette grande fatigue et de faire autre chose pendant un moment. Comme partout, ceci vaut pour ici : si deux personnes font la même chose, c’est loin d’être identique. Je dois justement savoir d’où vient fondamentalement telle ou telle manière d’agir. Je peux donc prendre pour l’examen particulier un certain fourvoiement, une faute, dans laquelle s’est empêtrée ma capacité de dévouement.

 

  • Affermir et développer les forces positives

 

Deuxièmement, je peux m’efforcer de développer de façon positive ma capacité de dévouement. Par exemple : comment puis-je m’efforcer aujourd’hui de servir les autres, de leur faire plaisir ?

 

  • Cultiver la vertu complémentaire

 

Une troisième voie consiste à cultiver la vertu complémentaire. Par exemple la vertu complémentaire de la sensibilité est le désir conquérant. Je dois donc m’efforcer pendant un certain temps d’affiner en moi le désir conquérant, l’affirmation de moi-même, la fierté. À vrai dire, les choses s’imbriquent fortement. Mais si je veux me conduire moi-même, je dois connaître les rapports. Si je conduis les autres, je n’ai pas besoin de leur exposer les rapports, mais je dois connaître la direction dans laquelle je les conduis.

 

Si j’ai cette vision, je possède alors une méthode de combat, j’ai en main un moyen pour m’attaquer à « la loi de la chute des corps » dans ma nature propre et parvenir au but indiqué par mon idéal personnel.

 

Je n’ai pas besoin d’ajouter que dans les deuxième et troisième manières aussi, le contact avec l’idéal personnel doit toujours être établi ; durant longtemps, ce sera d’une manière réfléchie, ensuite cela devient naturel ; d’autant plus que travailler avec l’examen particulier est lié de façon tout à fait naturelle à l’idéal personnel. Au début, cela ne sera probablement pas le cas. Cela peut grandir petit à petit.

Puis-je vous demander de réfléchir si, avec ces indications, vous avez une vision profonde de tout notre organisme. Il est essentiel de toujours souligner ceci : notre passion dominante doit être purifiée. Surtout sans omettre que nous avons aussi toujours quelque chose à retrancher. L’ennoblissement ne se fait pas tout seule. Parfois, nous devons nous attaquer au négatif qui est en nous afin de réduire ainsi les égarements dangereux de notre passion dominante. Voilà pour l’examen particulier.

 

  • Discerner la passion dominante

 

Maintenant, comment découvrir ma passion dominante ? Il existe différentes voies. Je peux, par exemple, me demander quel est mon tempérament. La passion dominante en découle. C’est pourquoi je peux, par exemple, me demander à quoi ressemble la fierté mélancolique et à quoi ressemble celle qui est colérique. Je détermine donc mon tempérament en l’appliquant à ma propre personnalité. Cela ne peut pas nuire d’y réfléchir périodiquement. Lors donc que nous avons différents terciats, cela vaut toujours la peine de se livrer à nouveau à cette sorte de réflexion. D’abord en tant qu’école de vie pour nous, ensuite en tant qu’école de formation pour notre propre formation permanente. Si c’est une école de vie, tout doit être généralement appliqué dans la vie concrète.

 

Un moyen qui n’est pas de moindre importance pour déterminer ma passion dominante consiste à se demander que disent mes amis et mes connaissances. On dit fort à propos : nul ne voit ses propres yeux. On a besoin d’un miroir.

Vous pouvez jeter un regard rétrospectif sur les reproches que nous ont souvent faits nos parents ou nos frères et sœurs. C’est probablement ici un fil rouge. Il importe peu ici de se justifier ou de vérifier si c’est fondé ou non. Il existe des temps – par exemple maintenant, durant un terciat, ou pendant une retraite – où nous voyons nos faiblesses avec une certaine partialité. Nous pouvons plus tard voir le positif avec partialité. Cela doit toujours être lié de façon organique. Si je le déchire de façon mécaniste, cela rabaisse et, d’un autre côté, rend superficiel.

 

Appliquée à nous, la correctio[2], prend ici sa place, c’est un excellent moyen pour apprendre à se connaître soi-même.

 

À vrai dire, je peux aussi me demander où va ma sympathie. Celle-ci me donne l’orientation de ma passion dominante. Normalement je suis attiré par le type inverse. Vraisemblablement, les types identiques ne s’attirent jamais naturellement. Tout au plus si le mélange [des tempéraments] est différent.[3]

 

Au début, il est nécessaire de bien différencier ces choses. Plus tard, elles sont très mêlées. Lorsque l’on a assimilé quelque chose point par point pendant longtemps, il arrive tôt ou tard que l’ensemble le soit aussi. Il arrive ainsi fréquemment chez une personne appliquée que, graduellement, l’examen particulier et l’idéal personnel coïncident. Si mon âme s’est équilibrée jusqu’à un certain degré et que mon idéal personnel est opérant, de façon quasi naturelle, il est alors suffisant de renouveler mon idéal personnel et ce sera en même temps renouveler la résolution de l’examen particulier.

 

La pédagogie de l’idéal  est une pédagogie de l’attitude. Chaque renouvellement de l’idéal personnel est un renouvellement de l’attitude fondamentale. Celui qui comprend Schœnstatt vit essentiellement d’attitudes, et c’est aussi le plus important. Nous avons aussi dans la Communauté nombre d’occasions d’approfondir nos attitudes : durant la récollection, les 18 et 20 de chaque mois. Ce sont aussi des occasions de renouveler et d’approfondir notre idéal personnel ainsi que celui de la Communauté.

 

La pédagogie de l’idéal est donc une pédagogie de l’attitude face à une pédagogie d’exercices mécaniques. Deuxièmement, c’est une pédagogie de la magnanimité face à la simple pédagogie du devoir. Naturellement, cela doit être précédé par l’accomplissement du devoir. Nous devons être aussi des hommes de devoir. L’homme de devoir doit seulement se doubler de l’homme généreux, prêt à aller plus loin que le devoir, mais pour lui le devoir est une évidence.

 

[1] NdT : « Voici Rhodes : saute ! » Formule d'une fable d'Ésope. Un athlète vaniteux assure qu'il a fait un saut extraordinaire alors qu'il se trouvait à Rhodes, et qu'il peut en produire des témoins. Un de ses auditeurs réplique que ce n'est pas nécessaire ; il suffit qu'il refasse le saut là où il est.

[2] La « correctio fraterna », la correction fraternelle est un moyen éprouvé d’éducation à la communauté, même s’il n’est pas facile de l’appliquer. Un groupe, un cours – une communauté adulte suffisamment sincère intérieurement et vivant une saine homogénéité extérieurement et autant que possible avec un contrôle neutre – se réunit et chacun dit aux autres les manquements qu’il a remarqués. La « correctio fraterna » peut être menée à bien si le groupe est parvenu à une confiance suffisamment grande, dans une bienveillance réciproque. Alors la correctio est vécue comme une aide authentique pour la croissance personnelle.

 

[3]  Cette approche, du point de vue de la sympathie –  qui détermine la passion dominante – n’est pas totalement achevée dans la conférence. Si ma sympathie est attirée par mon contraire, la conclusion pourrait être celle-ci : la manière dont je suis attiré me dit ce que je ne suis pas, je peux alors indirectement connaître ma passion dominante et mon tempérament. Dans le langage de l’informatique on dirait : « choix précédent ».

 

Liens fraternels

Le diocèse d'Autun : http://www.autun.catholique.fr/

 

Le Mouvement de Schœnstatt en Belgique :

http://www.schoenstatt.be/

 

Le sanctuaire de l'unité dans le diocèse de Cambrai :

http://www.sanctuairedelunite.fr/

 

Le site de la Mère pèlerine en Suisse:

http://mere-pelerine.com/

 

Le secrétariat du Père Kentenich

www.pater-kentenich.org/fr

 

Vidéo sur des profils divers de schœnstattiens :

http://www.dailymotion.com/schoenstattsuisse